Sous le projecteur
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écrit par Yann Fortier
photos par Emilie Lapointe
Collaborateurs, amis et coauteurs du livre La facture amoureuse, Paul-Antoine Jetté et Pierre-Yves McSween sont récemment montés sur la scène du Théâtre Hector-Charland pour décortiquer quelques mythes sur le financement de la culture au Québec. Le tandem a su mêler avec humour la gestion de couple, la philanthropie et l’optimisation fiscale.
D’entrée de jeu, ils ont rappelé que, contrairement à la croyance populaire, la simple vente de billets, même accompagnée de subventions et de revenus connexes, comme les commandites, le bar ou le stationnement, ne suffit pas à faire vivre un théâtre. D’où l’importance des dons pour couvrir l’ensemble des frais et atteindre le Graal : le seuil de rentabilité.
À titre d’OBNL, Diffusion Hector-Charland ne cherche pas à réaliser des profits. Son objectif est d’équilibrer les revenus et les dépenses. Le chiffre magique? Zéro.
Évoquant la portée du don majeur en culture (l’entrevue avec Michel Beauchamp, en page 96, explore ce sujet), Paul-Antoine Jetté a ainsi résumé la situation :
« Une fois dans ta vie, tu as la chance de faire un don de 5 000 $ à 25 000 $. En prime, plus des trois quarts de la somme te reviendront en retour d’impôt. Dans le fond, c’est toute la société québécoise et canadienne qui paie une bonne partie de ton don! »
Puis, fidèle à son humour caustique, son acolyte Pierre-Yves McSween a décortiqué cette mécanique fiscale :
« En gros, on a fait payer les Québécois pour que nous, on ait l’air riche et généreux. Le donateur passe pour un grand mécène et obtient son nom sur un banc de théâtre. Mais, en réalité, son don ne représente qu’environ 20 % à 30 % de la somme affichée! »
Du génie, quoi!
Santé financière au service de la culture
Durant le deuxième volet de cette présentation, le duo humoristico-comptable s’est amusé à improviser avec le public en transposant les concepts de saine gestion financière au cadre de la vie de couple. Citant des études, ils ont conclu que la santé financière d’une personne est un indicateur de la stabilité à long terme de sa relation amoureuse. « Deux scores de crédit qui s’emboîtent ensemble garantissent cette longévité », a lancé Pierre-Yves McSween.
Quel est le rapport avec la culture ? C’est tout simple : des finances équilibrées permettent de dégager des sommes discrétionnaires pour vivre davantage d’expériences. Comme des sorties culturelles!

Le tandem en a ainsi profité pour souligner à quel point un espace de diffusion forge et consolide l’identité locale, génère des moments marquants et crée une valeur réelle, même si elle semble plus intangible que les chiffres inscrits dans un compte de banque.
S’adressant aux entrepreneurs présents dans la salle, Paul-Antoine et Pierre-Yves ont rappelé qu’en plus de l’avantage fiscal associé au don majeur, il est possible d’allier romantisme et fiscalité d’entreprise grâce à certains abonnements culturels admissibles, une mesure encore méconnue.
« Au Québec, certains abonnements culturels peuvent être déductibles à 100% pour une entreprise, contrairement aux frais de représentation, généralement limités à une déduction de 50%. C’est bien mieux qu’un billet pour les Canadiens! », a lancé Pierre-Yves McSween.
Le message était limpide : soutenir la culture ne relève pas seulement de la générosité. Il s’agit d’un fabuleux mariage de raison, et de passion, entre culture et utilisation éclairée des règles fiscales. Ainsi, tout en profitant des mesures prévues par la loi, vous pouvez enrichir la vie de votre communauté. Une façon de constater que culture, philanthropie et fiscalité peuvent faire très bon ménage!

Place au théâtre !
En exclusivité, voici un extrait de leur prestation, dans une scène digne de Michel Tremblay :
PA : Un théâtre comme celui-ci repose sur un équilibre fragile. (Posé, structurant.)
PY : Mais surtout… sur du monde qui y croit. (Humain.)
PA : Votre présence contribue déjà à cet équilibre.
PY : Mais si vous en faites un peu plus… ça change tout.
PA : Vous soutenez une offre culturelle durable.
PY : Pis vous vous payez des souvenirs… (Punch final.)
PA : … dont le rendement n’est pas financier…
PY : … mais franchement rentable pareil !