Entrevue
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écrit par Karina Durand
La Québécoise de renom Anne Plamondon nous offre Myokine, une œuvre puissante où la danse devient moteur de résilience et d’espoir. Dans une mise en scène hypnotique, la chorégraphe et ses sept interprètes interrogent, par le mouvement, la façon dont la lumière émerge de l’obscurité. Entretien avec une artiste hautement sensible, pour qui la danse est un souffle vital.
Chorégraphe, interprète, pédagogue et directrice artistique, Anne Plamondon est l’une des créatrices les plus marquantes de la scène chorégraphique canadienne des deux dernières décennies. Formée à l’École nationale de ballet du Canada et diplômée de l’École supérieure de ballet du Québec, elle a dansé avec les Grands Ballets Canadiens, le Nederlands Dans Theater et la compagnie RUBBERBAND, dont elle a été codirectrice artistique.
Depuis 2012, l’artiste se consacre à la création chorégraphique, et depuis 2018, à sa propre compagnie de production. Elle se distingue par son regard sensible, par sa recherche de la virtuosité dans le mouvement et par son authenticité. Sa plus récente création, Myokine, connaît un vif succès international, entre autres parce que l’œuvre aborde des thèmes universels qui résonnent auprès de publics de tous les horizons. Or, le spectacle n’a pas nécessairement été conçu pour obtenir un tel succès.
« Je ne crée pas pour plaire à l’auditoire, lance-t-elle doucement. Mon point de départ, c’est ce qui, moi, m’intéresse, en espérant que ma démarche rejoigne les gens. Myokine est né d’une quête très personnelle. »

La myokine, c’est la substance qui est libérée par les muscles lorsque ceux-ci se contractent, notamment lorsque l’on bouge. Surnommées les « molécules de l’espoir », les myokines jouent un rôle important dans la santé physique et mentale.
Dans son spectacle, Anne Plamondon s’inspire de ce phénomène et explore la capacité du corps à traverser l’adversité, à guérir, à rassembler et à donner du sens. Créée entre 2022 et 2023, dans un contexte encore teinté par la pandémie, l’œuvre est le reflet d’une période trouble marquée par l’incertitude, où l’espoir et la résilience se sont montrés essentiels.
« À travers les jeux d’ombre et de lumière qui ont été soigneusement travaillés lors de la conception de l’éclairage, les interprètes oscillent entre la clarté et l’obscurité. Il y a des tableaux plus sombres et plus denses, mais la lumière, cette force de vie, trouve toujours son chemin », explique la créatrice.
Réunissant un collectif de sept danseurs, une musique immersive et une scénographie lumineuse saisissante, Myokine nous invite à réfléchir à une question très actuelle : comment continuer d’espérer lorsque le monde vacille ?
Touchant et accessible, le spectacle s’adresse aux adeptes de danse contemporaine autant qu’aux personnes curieuses qui souhaitent vivre une expérience unique. L’œuvre d’Anne Plamondon nous rappelle que le mouvement est un acte de résistance, un vecteur de guérison, et que la danse est une forme d’expression humaine d’une grande beauté.
20
oct. 26Théâtre Hector-Charland