À propos

Hector-Charland

Monsieur Hector Charland, greffier et acteur

D’après un texte de Christian Morissonneau

Fils de Louis Charland et de Marie-Lina Baignet, il est né à L’Assomption le 1er juin 1883, année de l’inauguration de la salle académique du Collège de l’Assomption.

Il étudie au Collège où, évidemment, il joue sur la scène de la salle académique. Il se forme en droit et voulant assurer un revenu régulier à sa famille, il accepte le poste d’assistant-greffier à la Cour d’appel de Montréal. Il sera acteur, en même temps, quasi à temps complet. Entre la vie de bohème incertaine de comédien et la sécurité du salariat, il ne choisit pas, ou plutôt, il choisit les deux. À partir de 1906-1907, avec d’autres amateurs, qui, comme lui, apprennent en jouant, il se joint à des troupes qui sont nombreuses, qu’on appelle des cercles, dramatiques ou littéraires.

Un peu plus tard, il est mêlé à l’avant-garde théâtrale avec Les Compagnons de la Petite Scène qui se propose de faire connaître le « théâtre actuel ». Il joue régulièrement au Théâtre du Gésu. Il interprète les rôles principaux les plus divers dans L’Aiglon, Le Malade imaginaire, Le Bourgeois gentilhomme, Le Gendre de Monsieur Poirier, etc.

Une pièce événement, sans équivalent dans l’histoire du spectacle, lance sa popularité : La Passion, en cinq actes et 25 tableaux, avec plus de 400 figurants et 125 choristes. Durée de la pièce : 12 heures. Hector joue le rôle du Christ. À la première, le 16 août 1925, il y a 2 500 spectateurs. Au moins 20 000 personnes à la première saison.

En 1939, Radio-Canada demande à Claude-Henri Grignon l’adaptation de son roman Un homme et son péché. Grignon donne à Charland le rôle de Séraphin Poudrier. De 1939 à 1962, il interprète, à la radio, le rôle de l’avare, tous les soirs durant 15 minutes. Le cinéma s’empare de l’acteur. Un homme et son péché sort en 1949 ; Séraphin, en 1950. En 1956, la télévision s’empare elle aussi du roman. Charland ne joue pas Séraphin, mais le père Évangéliste (le père de Séraphin), dans ce qui est devenu Les belles histoires des Pays d’en haut.

Lorsqu’il s’éteint, le 27 décembre 1962, à l’âge de 79 ans, il a réussi, fidèle à sa vocation et à son rêve. L’histoire théâtrale du Québec reconnaît en lui un des grands acteurs de ce siècle. Cette scène régionale, qui porte son nom, transmet aujourd’hui et demain, le souvenir de sa mémoire.